• Projet d’amélioration de la ligne de train TER Châteaudun-Paris pour désenclaver et développer le Sud de l'Eure-et-Loir. Courrier / Accélération-Fréquence-Régularité.

    Fabien VERDIER

    Conseiller régional. Conseiller municipal de Châteaudun.

    9, rue de Varize 28200 Châteaudun

    Courriel : fabienverdier.dunois@gmail.com

     

     

    A Châteaudun, le 20 Avril 2018

     

     

    Objet : Projet d’amélioration de la ligne de train TER Châteaudun-Paris pour désenclaver et développer le Sud de l'Eure-et-Loir.

    Courrier / Accélération-Fréquence-Régularité.

     

             

     

             Nous souhaitons vous soumettre à nouveau la piste que chacun estime très intéressante de développement, par le désenclavement, du Sud de notre département.

     

             La partie sud du département d'Eure-et-Loir (28) bénéficie d'une desserte par train express régional (TER) des communes d'Auneau, Voves, Bonneval et de Châteaudun au départ de la gare Paris-Austerlitz (soit une centaine de communes concernées au total !). Toutefois, la durée du trajet est relativement longue (1h35 pour Châteaudun), avec des retards régulièrement constatés, sans compter la rareté des rotations quotidiennes.

     

    Nous disposons d’une opportunité de désenclavement avec notre ligne TER (Train Express Régional). Celle-ci a été formulée dans les « Ambitions 2020 » du bassin de vie de Châteaudun*, adoptée il y a quelques mois. Il nous semble pleinement opportun de la mettre en œuvre dans l’intérêt du territoire et de la région Centre-Val de Loire.

     

             Force est de constater que la desserte actuelle ne favorise pas les mouvements pendulaires des salariés entre la capitale et l'arrondissement de Châteaudun, ainsi que les investisseurs franciliens et les implantations des entreprises franciliennes dans le Sud du 28. Alors que nous disposons d’un foncier peu onéreux, de la fibre optique, d’un cadre de vie équilibré et propice, et d’une proximité évidente avec l’Ile-de-France (Auneau est à 80 kms de Paris, Bonneval à 120 kms de Paris).

     

             La question clef pour le Dunois, le Bonnevalais et la Beauce réside dans son désenclavement. Cela passe soit par les infrastructures autoroutières, soit par la ligne ferroviaire. La question autoroutière n'est pas envisageable, en revanche, la piste de l'amélioration sensible de la ligne ferroviaire est clairement possible et à portée de main, selon une étude menée par Réseau ferré de France (RFF, fin de l'année 2013).

     

             En relevant les vitesses maximales autorisées et en diminuant le temps de parcours, la desserte par TER Paris-Châteaudun gagnerait à être optimisée afin d'assurer pleinement le rôle économique, touristique et social dévolu aux transports en commun. Vous avez plaidé en ce sens, lors de votre discours de Rennes, le 1er Juillet 2017. Cela nous paraît en effet essentiel pour la France dite « périphérique » et nos territoires en souffrance.

     

             Une des conditions essentielles du développement du Dunois, du Bonnevalais et de la Beauce consisterait à réduire la durée du trajet entre notre territoire et Paris, et à en augmenter les fréquences quotidiennes.

     

     

    Notre ligne de TER est essentielle.

     

    C'est pour cela que nous vous demandons solennellement que la ligne de TER soit priorisée dans le Sud de l'Eure-et-Loir. Cela doit être la priorité, tant en termes d'investissements que de fonctionnements, présents et à venir.

     

    Ainsi, et par voie de conséquence, nous formulons ces trois demandes :

     

    1ère demande – Le redéploiement des financements alloués à la ligne Voves-Orléans pour consolider et accélérer la ligne TER Châteaudun - Paris Austerlitz. L’enjeu est de consolider la ligne dans la période présente et sur le très long terme.

     

    Les coûts évalués pour Voves-Orléans se situent autour de 200 millions d’euros. Nous avons besoin d’environ 50 millions d’euros pour notre ligne TER.

    Cela permettrait ce fameux gain de 20-22 minutes par trajet : Bonneval à 1h de Paris... C’est l’alpha et l’oméga pour notre développement économique, industriel et touristique.

     

    Piste de solution : nous avons déjà le train – en semaine - qui part de Paris Austerlitz à 13h57 et qui arrive à Châteaudun à 15h20. Il met 1h23 ! (tout en s’arrêtant en gare de Dourdan).

     

     


     

    Capture d’écran : temps de trajet entre Paris et Châteaudun : 1h23.

     

     

     

    Il convient de prioriser les TER sur les RER C à raison de 8 A/R par jour : 4 le matin et 4 le soir pour les voyageurs pendulaires (et autres voyageurs), en incluant celui de 12h10 (départ de Châteaudun) et celui de 13h57 (départ de Paris Austerlitz). Soit trois le matin et trois le soir pour celles et ceux qui en ont besoin pour leur travail ou leur santé (car beaucoup de Dunois et de Beaucerons se font soigner à la Pitié-Salpêtrière ou à proximité, à cause du déficit de médecins en Eure-et-Loir). Ce train sert l’économie, le tourisme, la santé, la famille (quand elle est francilienne), les loisirs, la culture…

     

    Comme le montre la capture d’écran suivante, cela profiterait nettement aussi aux habitants de l’Essonne et des Yvelines (Ouest Essonne et Sud Yvelines), qui mettent eux aussi du temps pour se rendre de Dourdan (et autour de Dourdan) à Paris. Toute cette frange francilienne bénéficie d’une très mauvaise connexion avec Paris Austerlitz. Ainsi en RER C, il faut environ 1H10 entre Dourdan et Paris Austerlitz !

    ð Cela concerne en conséquence de nombreuses communes (plusieurs dizaines) de l’Essonne et des Yvelines.

     

    Capture d’écran : TER Paris-Austerlitz-Dourdan à seulement 33 minutes ! Contre environ 1H10 en RER C. Il y a un vif intérêt pour les franciliens (Ouest Essonne et Sud Yvelines).

    Ainsi, la ligne TER ferait gagner beaucoup de temps pour chacun : Dourdan-Paris Austerlitz en 35 minutes environ. Lors des arrêts à Dourdan, de nombreux voyageurs montent et descendent dans cette gare et utilisent le TER. Les trains sont pleins à 13h57 ou à 18H11.

    Cela signifie de prioriser la ligne TER sur les RER C à ce niveau (Dourdan) : 8 fois par jour. Comme c’est déjà le cas pour le train entre midi et deux heures.

     

     

     

    Capture d’écran : il y a un train par jour qui met 1h23 entre Paris et Châteaudun. 33 minutes pour Dourdan, 47 minutes pour Auneau.

     

     

     

    Une centaine de communes y gagne : autour des 5 points du Sud et de l'Est de l'Eure-et-Loir. Et donc des investissements, des emplois, un regain économique pour le territoire.

    Les acteurs locaux ont par exemple à Auneau doublé la taille du parking voitures, permettant à plusieurs dizaines de voitures de se garer chaque jour.

     

     

    2ème demande – Accroître sensiblement le nombre de trains quotidiens, c’est-à-dire la cadence. 

     

    Une hausse de l'offre (de trains) entraîne une hausse de la demande (passagers).

    - Les demandes des habitants en ce sens de la Beauce et du Dunois sont fréquentes.

    - Ils demandent 12 allers-retours par jour.

     

    Autres points liés à ce cadencement :

    - Il n’y a également (presque) pas de train le dimanche.

    - Le train de 10h (au départ de Châteaudun et de Bonneval) en semaine manque cruellement.

     

    Capture d’écran : toutes les gares sont mieux desservies (Auneau, Voves, Bonneval, Châteaudun, Cloyes-les-Trois-Rivières). Soit une centaine de communes, qui ont besoin de mobilités facilités, rapides, fréquentes et fiables !

    3ème demande - Améliorer fortement la régularité et les retards.

     

    Nos TER sont très en retards.


    - La clef réside dans cette régularité avec beaucoup de trains n’arrivant et ne partant pas à l’heure dans notre zone.

    -Il faut d’autre part mettre fin à la dégradation des machines qui empêchent une réelle fiabilité des liaisons (trop nombreux trains annulés pour cause de machines défectueuses).

     

    Une nouvelle fois, nous n’avons que cela, que cette ligne TER. Les autres infrastructures ne sont pas adaptées au 21ème siècle et à un développement économique possible et harmonieux pour environ 30 % à 40 % de la surface du département d’Eure-et-Loir.

     

    Avec une ligne plus fréquente (12 allers-retours par jour), ponctuelle et à l’heure, plus rapide, beaucoup d’Euréliens se tourneront vers celle-ci. Cela soulagera même un peu la ligne Chartes-Epernon-Montparnasse, qui à bien des moments est saturée. Cela permettra également un développement équilibré des flux ferroviaires en Eure-et-Loir avec trois tiers : Dreux-Montparnasse ; Chartres-Montparnasse ; Châteaudun-Austerlitz.

     

             Pour ce faire, une étude a été entreprise par RFF. Elle conclut à la possibilité de faire : une voie d'évitement (de 300 mètres de long) entre Dourdan et Brétigny (actuellement, le RER C est prioritaire sur le TER, nous avançons très très lentement sur cette portion en Essonne et perdons un maximum de temps) et des travaux de signalisation. Cette voie d’évitement et ces travaux permettraient de gagner 22 minutes par trajet. Cela placerait Bonneval au chiffre symbolique d'une heure de Paris (Auneau serait à 36 – 38 minutes de Paris et pourrait accueillir plus facilement des investissements). Voves serait à moins d'une heure. Et par ricochet une population d'environ 100 000 habitants gagnerait en temps en Eure-et-Loir et dans notre Région Centre-Val de Loire.

     

              Ce projet présente de nombreux avantages :

    1 - Réduction du temps de trajet de de 22 minutes (environ 1H10 au lieu d'1H35 pour Châteaudun),

    2 - Augmentation du nombre d'allers-retours quotidiens qui pourraient être porté à 9 au lieu de 5 actuellement. Ce point est essentiel pour de nombreux habitants du Sud de la région qui pourraient ainsi plus facilement faire l'aller-retour dans la journée (personnes seniors, jeunes, entreprises, investisseurs...). Avec près de 10 allers-retours par jour, nous bénéficierions d’un véritable désenclavement et d’une régularité dans les transports,

    3 - Augmentation du nombre de voyageurs : + 60.000 par an,

    4 - Il y a d'autres avantages, comme un prix plus abordable pour les utilisateurs : une solution beaucoup moins onéreuse en TER (environ 22 euros par trajet en tarif plein entre Châteaudun et Paris pour les usagers) que le TGV (légèrement plus de 50 euros en tarif plein en 2ème classe pour un trajet au départ de Vendôme et à destination de Paris)),

    5 – Autre avantage, mais pas le moindre, c'est de "recentraliser" les flux de passagers dans nos communes. A Voves, Auneau, Bonneval, Châteaudun, Cloyes-sur-le-Loir... le flux de passagers (chaque jour, toute l'année...) pourrait créer du dynamisme pour nos centres-villes (et pour nos petits commerces), ainsi qu'une proximité avec le train (à Cloyes-les-Trois-Rivières, Châteaudun, Bonneval et Voves, le centre-ville est proche de la gare). Les touristes pourront venir plus facilement visiter le Château de Châteaudun, les canaux à Bonneval, les Trois-Rivières à Cloyes-sur-le-Loir, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle...

            

     

             Grâce à cette évolution, les cadres et chefs d'entreprises hésiteraient nettement moins à s'installer dans le sud eurélien (notre territoire dispose d’un foncier et de bâtiments peu onéreux (8 à 10 euros HT par m2 pour un terrain à Châteaudun et autour), permettant son développement économique) et elle favoriserait également le développement touristique.

     

    Il nous faut également envisager la difficulté des entreprises pour accueillir les jeunes cadres, dont elles ont besoin pour poursuivre leur développement. En particulier, lorsque les familles qui les accompagnent constatent le relatif isolement de notre territoire lié à la faiblesse des liens ferroviaires et routiers avec les bassins voisins.

     

    De plus, de nombreux retraités du bassin parisien qui cherchent et trouvent des solutions immobilières en rapport à leurs moyens financiers souhaitent souvent ne pas forcément se trouver coupés de leur bassin d’origines et sont friands de possibilités de déplacement en journée (suppression du train de 10h00 ?!).

     

    Pour le développement du tourisme dans le Sud de l’Eure-et-Loir, il serait possible de proposer une nouvelle destination à mi-chemin de Paris et des châteaux de la Loire avec des solutions d’hébergement attractives et innovantes.

     

    Pour le développement de l’aéroport de Châteaudun, cette ligne TER est également idoine et importante. Je vous ai déjà adressé un courrier en ce sens.

     

     

    Nous savons maintenant ce dont nous avons besoin pour améliorer définitivement le fonctionnement de cette ligne, bien fréquentée déjà malgré ses dysfonctionnements trop nombreux.

     

             Le coût global de l'opération est estimé à 46 millions d'euros. C'est la moins onéreuse des variantes et certainement la plus utile et opérante pour le Dunois (Cf. Annexe, émanant de l'étude de SNCF réseau).

     

             Il convient de noter également que le temps mis pour se rendre à Paris n'a pas évolué depuis plusieurs décennies (la ligne existe depuis 1860). Il a même régressé aux yeux de certains usagers, sans compter les retards répétés, les annulations et les (très) mauvaises conditions de transport.

     

     

             Dans l'éventualité où cette proposition serait retenue et deviendrait prioritaire, vous changeriez le paysage ferroviaire et en termes de célérité de presque la moitié d’un département (plus le Nord du Loir-et-Cher), soit plus d’une centaine de communes !

     

             La SNCF et RFF pourraient économiser autour de 600 000 euros par an en frais de fonctionnement à la suite de l'amélioration de la ligne. Ce qui porte le coût global du projet à 40 millions d'euros après 10 ans de fonctionnement.

     

             Si l’on effectue une évaluation en coût complet, il convient également d’ajouter les possibilités pour notamment Auneau et Voves de faire venir des entreprises. A l’image d’Andros à Auneau (plusieurs centaines d’emplois), nous pourrions accroître les entreprises dans l’Est de l’Eure-et-Loir et ainsi générer du PIB dans notre Région Centre-Val de Loire, et des recettes pour notre collectivité régionale.

     

             Le TRI (taux de rendement interne) du projet est positif (autour de + 1,9 % ; toutes les autres variantes ont un TRI négatif (cf. Annexe 1 de l'étude RFF).

     

             Voici la piste la plus intéressante en faveur du développement et du désenclavement du Sud de l'Eure-et-Loir. C'est la moins onéreuse des variantes et très certainement la plus utile et opérante pour le Sud de l'Eure-et-Loir, l’Est de l’Eure-et-Loir (Auneau, Ouarville, Béville-le-Comte, Aunay-sous-Auneau, Voves…) et la Région Centre-Val de Loire.

     

             Nous restons à votre entière disposition, pour échanger avec vous et pour faire avancer ce projet ensemble. Peut-on convenir d’un rendez-vous ?

     

             Nous vous prions d'agréer l'expression de notre haute considération.

     

     

     

     

     

    Fabien VERDIER
    Conseiller régional,

    Référent du Sud de l’Eure-et-Loir,

    Président de la Commission Aménagement du territoire et numérique,

    Conseiller municipal de Châteaudun.

     

     

     

     


     

    Annexes :

     

    -        *« Optimiser la desserte ferroviaire

    L’amélioration et l’optimisation de la desserte est un enjeu important afin d’offrir

    une desserte attractive et performante à ses habitants. La Région, dans ses ambitions,

    vise l’optimisation de la ligne TER "Châteaudun-Paris" afin d'améliorer notoirement le temps de trajet entre Cloyes-sur-le-Loir/Châteaudun/Bonneval et Paris-Austerlitz (environ 20 minutes). (…) » (Ambitions 2020 BV de Châteaudun, Annexe 1, page 21, Mars 2017).

    + « La ligne Paris – Châteaudun – Vendôme - Tours, sur une infrastructure à voie unique, qui assure une double fonction de liaison entre I’Ile-de-France et l’Eure-et-Loir et de desserte régionale du bassin de vie de Tours. Trois sections (150 km de voie) ont fait l’objet de travaux de rénovation et de modernisation de 2009 à 2013 : Châteaudun - Dourdan, La Membrolle – Château-Renault, Château-Renault – Vendôme-Châteaudun.

    L’étude de la desserte du Nord de la Région Centre-Val de Loire (RFF, 2013) indique que certains travaux (poursuite du renouvellement de voie, voie d’évitement Dourdan-Brétigny, signalisation) pourraient permettre un gain de 22 minutes par trajet Châteaudun-Bonneval-Paris. »

    Lien : http://www.regioncentre-valdeloire.fr/files/live/sites/regioncentre/files/contributed/docs/avenir-region/forums-participatifs/Regard_BV_Chateaudun_v2.pdf (page 14).

     

     

    Quelques éléments sur l'étude réalisée par Réseau ferré de France/SNCF Réseau :
    http://www.fabienverdier.com/ter-accelere-c28880418


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